La paire EUR/USD oscille autour de la zone des 1,17 pour la deuxième semaine consécutive, reflétant l’indécision à la fois des acheteurs et des vendeurs. Le mercredi 22 avril marque l’expiration de la trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran. À l’approche de cet événement, les acteurs du marché hésitent à prendre des positions importantes — ni en faveur ni à l’encontre du dollar. Les événements fondamentaux actuels sont traités par les traders de l’EUR/USD dans les limites de la zone des 1,17, avec peu d’enthousiasme et, comme on dit, « sans flamme ».
Ainsi, mardi, les traders ont étonnamment réagi avec retenue aux faibles données de l’indice ZEW, qui ont mis en évidence une nette détérioration des anticipations économiques en Allemagne. Malgré cette réaction, ce rapport ne doit pas être totalement ignoré, car il signale un pessimisme croissant quant aux perspectives de l’économie allemande et de la zone euro dans son ensemble.
À l’horizon, il convient de noter que les données publiées se sont révélées nettement pires que les prévisions les plus pessimistes, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient. Les principaux indicateurs ont fortement chuté en territoire négatif.
Par exemple, l’indice des anticipations économiques en Allemagne est tombé à -17,2 points en avril, après avoir reculé à -0,5 point en mars. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis la fin de 2022. Dans le même temps, le marché tablait sur un repli plus modéré à -5,8. L’indicateur demeure en zone négative pour le deuxième mois consécutif. L’indice de la situation actuelle en Allemagne a chuté à -73,7 points (prévision : -70,5), après 62,9 le mois précédent.
Les indices ZEW de l’ensemble de la zone euro reflètent la dynamique allemande, mais avec un pessimisme encore plus marqué. L’indice du climat des affaires dans la zone euro est tombé à -20,4 points en avril, contre -8,5 en mars. Il est à noter que le consensus anticipait une reprise modérée (à -3,6), ce qui rend le chiffre publié d’autant plus décevant.
Par ailleurs, l’indice de la situation actuelle dans la zone euro s’est effondré à -43,0, en recul de 13 points sur le mois.
La structure du rapport publié met en évidence les points les plus vulnérables de l’industrie allemande, en particulier dans les secteurs tournés vers l’exportation : métallurgie (baisse de 21 points), chimie et pharmacie (baisse de 11 points) et construction de machines. Pour la première fois depuis longtemps, le secteur de la construction est passé en zone négative (-3,8), ce qui signale la fin d’une période de relative stabilité dans ce pan de l’économie. L’industrie automobile reste en forte dépression (-44,2), même si le rythme de la baisse s’est légèrement ralenti (ce qui ne permet pas pour autant d’être optimiste).
En commentant le rapport publié mardi, un représentant de ZEW a directement lié la détérioration des principaux indicateurs aux conséquences du conflit au Moyen-Orient : montée des risques énergétiques, instabilité du commerce extérieur (affaiblissement de la demande mondiale) et hausse des coûts des ressources. Le principal risque s’est déplacé d’une simple hausse des prix vers un déficit durable en ressources énergétiques, ce qui sape l’activité d’investissement et réduit l’efficacité des mesures de relance publiques.
En conséquence, les indices ZEW d’avril ont reculé davantage qu’anticipé, ce qui s’est avéré défavorable à l’euro. À la suite de cette publication, la paire EUR/USD s’est repliée de ses sommets intrajournaliers (1,1792) et a reculé vers la zone médiane de la figure 17.
La réaction mesurée des traders s’explique par l’agenda géopolitique. Selon CNN, un deuxième cycle de négociations entre les délégations américaine et iranienne est programmé pour mercredi (22 avril). Toutefois, Téhéran n’a pas encore officiellement confirmé sa participation à ces pourparlers.
Des sources d’Axios indiquent que les divergences au sein de la direction iranienne concernant la participation aux négociations se sont accentuées. Il est affirmé que les représentants des soi-disant « conservateurs pragmatiques » (dont le président du Parlement iranien et le ministre des Affaires étrangères) plaident pour la poursuite de la voie diplomatique, tandis que la direction du Corps des gardiens de la révolution islamique insiste sur une ligne dure (pas de négociations tant que le blocus américain des ports iraniens ne sera pas levé).
Ce conflit interne est la principale raison pour laquelle l’Iran n’a pas encore officiellement confirmé la participation de sa délégation à la réunion de mercredi. Trump, de son côté, a recours à une pression verbale, déclarant sur les réseaux sociaux qu’il y a de nombreuses violations du cessez-le-feu de la part de l’Iran et menaçant de reprendre les hostilités. De la même manière, Téhéran diffuse des messages sur sa volonté de se défendre et affirme disposer de « nouvelles cartes sur le champ de bataille ».
Malgré la rhétorique belliqueuse des deux côtés, une part d’incertitude subsiste : l’expérience passée laisse penser qu’une issue peut être trouvée à la toute dernière minute. L’orientation du cours de l’EUR/USD dépendra du sens dans lequel la balance penchera. Si les parties acceptent finalement de s’asseoir à la table des négociations et de prolonger le cessez-le-feu temporaire, l’appétit pour le risque devrait à nouveau augmenter sur le marché, et la paire pourrait tenter de revenir vers la zone de la figure 18. Le niveau de résistance se situe alors à 1,1850, ce qui correspond à la borne supérieure des Bandes de Bollinger sur l’unité de temps D1. En revanche, si les événements évoluent selon un scénario d’escalade, la paire pourrait reculer vers la zone de la figure 16, où le niveau de soutien se situe à 1,1650 (la ligne médiane des Bandes de Bollinger, qui coïncide avec la ligne Kijun-sen sur l’unité de temps D1).